PUERTO RICO

Journal de voyage


Mercredi 14 décembre 2005

1er jour

J’ai laissé New York derrière moi. Direction San Juan de Puerto Rico. La Caraïbe. Puerto Rico est une île de 8900 km2 pour environ 4 millions d’habitants, auxquels on peut ajouter 4 autres millions hors de l’île, principalement aux USA, surtout à New York. Ils sont une quinzaine à Paris dont une est ma femme. Cette île est connue dans le monde entier pour les musiciens qu’elle a engendrée : Tito Puente, Ray Barretto, Willie Colón, Ricky Martin, Marc Anthony, Tego Calderón (l’un des inventeurs du raggaeton, la musique la plus hype du moment).


San Juan

Puerto Rico fut « découvert » en 1493 par Christophe Colomb lors de son deuxième voyage. Mais l’île était déjà occupée par les Taïnos, civilisation moins connue et étudiée que les civilisations andines mais dont il reste quelques traces, notamment dans le vocabulaire. Puerto Rico est située entre la République Dominicaine et les petites Antilles, on y parle espagnol bien que les Portoricains soient citoyens américains. Le statut de l’île est celui d’un Etat libre associé aux USA depuis 1952. Colonie espagnole jusqu’en 1898, l’île fut « offerte » aux américains après la guerre américano-espagnole.


Jeudi 15 décembre 2005
2ème jour

San Juan est américaine comme les voitures qui la parcourent à longueur de journée, de gros 4x4 (qui sont aussi souvent japonais). Américaine comme ces routes qui traversent la ville, donnant l’impression d’être sur une autoroute proposant à chaque sortie un quartier différent de la ville. Américaine aussi comme ces Malls, immenses centres commerciaux, Disney World de la consommation où l’on trouve tout, vraiment tout : aujourd’hui je suis allé dans une pharmacie, j’y ai acheté une bouteille d’eau, des rasoirs et des appareils photos jetables mais aucun médicaments.
San Juan est latine, très latine, comme ses habitants, sa langue, sa musique, sa manière d’être. La ville vit entre ces deux eaux. Le père de mon épouse m’explique qu’ici la question de la mainmise des USA est complexe. L’île n’a jamais été indépendante, les Portoricains vivent à l’américaine depuis si longtemps qu’ils ont peur de tout voir disparaître si les Américains s’en allaient. Pour lui, il existe ici un sentiment d’infériorité, un manque de confiance. Il espère qu’un jour, cela changera.


Vendredi 16 décembre 2005
3ème jour

Balade dans le vieux San Juan. Par un soleil très fort, Yarín et moi marchons dans les rues de la vieille ville. Les maisons sont colorées et faites dans un style espagnol, avec patio intérieur et azulejos. Elles ressemblent comme des sœurs à ce que j’ai vu dans les rues de Quito il y a 2 ans. La chaleur est si grande que nous allons faire un tour à l’office du tourisme prendre quelques dépliants mais aussi de l‘air frais. La climatisation est partout ici, sauf dans les rues. Le déjeuner est portoricain : carne mechada, viande de bœuf servie avec une sauce (faite d’ail, d’origan, d’olives, de jambon) et des tostones (tranches de plantain frites), des petits pois et du riz.

L’après-midi, nous la passons au Morro, l’un des forts qui protégeait l’île des tentatives d’invasions des Hollandais, des Anglais et même des Français. Nous y voyons canons et meurtrières, vieilles pierres chargées d’histoire et quelques touristes américains. Depuis les hauteurs du Morro, la vue de la baie de San Juan est superbe. Devant le vieux fort, une grande étendue d’herbes balayée par les vents venus de l’Atlantique, permet aux amateurs de cerfs-volants de se livrer à leur passion. El Morro et le parc qui la précède sont classés Parc Naturel par les Etats-Unis. Plus bas, vers l’océan se trouve le quartier de la Perla, le coupe-gorge de San Juan. J’ai beau insister, Yarín refuse que nous y allions : « on y trouve que des ennuis » me dit-elle.


El Morro

Quittant El Morro, nous passons devant la statue célébrant les 500 ans de la découverte de l’île, un grand totem érigé en 1992. Un peu plus loin, sur la place San José se trouve l’église du même nom, deuxième plus vieille église des Amériques, mais aussi l’institut Pablo Casals (le musicien vécut à San Juan) et une statue de Ponce de Léon (conquistador espagnol et premier gouverneur de l’île) dont on dit qu’elle fut fabriquée avec les boulets de canon laissés par les Anglais.
La visite de la cathédrale de San Juan s’imposant, nous y voyons le tombeau de Ponce. La cathédrale est petite et très jolie. Il est temps de rentrer prendre une douche, non sans avoir auparavant pris un verre de jus de fruit naturel sur la place d’armes où se trouve la mairie. Le jus de fruit naturel se révèlera être une boisson très sucrée avec 14% de fruit, la publicité mensongère n’a pas de frontières.
Le soir nous sommes invités à aller calle Roberts, dans le quartier de Santurce. Chaque soir de fin de semaine, la jeunesse locale se retrouve là, dans la rue, buvant des bières devant une scène diffusant de la musique à un volume probablement interdit par la loi. Le distributeur de billets ne désemplit pas, empochant 1,75 dollar à chaque retrait de 20 dollars. N’en pouvant plus de tant de monde et de bruit (surtout moi en vérité), nous allons dans un petit restaurant mexicain avant de rentrer retrouver la famille et un lit accueillant.


Samedi 17 décembre 2005
4ème jour

Il existe une coutume à Puerto Rico appelée parranda et qui a lieu au moment de Noël. Au milieu de la nuit, des amis viennent devant ta maison et se mettent à chanter et à crier très fort jusqu’à ce que tu te réveilles et les fasses entrer chez toi. En sortant ils recommencent à hurler. Lorsqu’à 3 heures du matin je fus réveillé par une parranda chez les voisins d’en face, je me suis demandé ce qu’il se passait.
J’ai passé la matinée au Mall le plus grand de Puerto Rico : Plaza Las Americas. On dirait les Halles de Paris, en plus beau et quatre fois plus grand. Dire qu’on y trouve tout n’est pas suffisant et à cette période pré Noël, les magasins ne désemplissent pas. Il y a tant de monde et de voitures que pour se garer on klaxonne le passant pour savoir s’il s’en va et où il a mis sa voiture.
Après le shopping, je passe un après-midi tranquille dans la maison de mes beaux-parents. Il faut se préparer et se reposer car demain, c’est jour de mariage.


Dimanche 18 décembre 2005
5ème jour

Un mariage portoricain (tous les autres aussi d’ailleurs) se prépare bien à l’avance et l’on invite beaucoup de monde, la famille, même des gens que l’on n’a pas vu depuis parfois très longtemps, on invite les amis et les parents des amis (surtout si lors d’un précédent mariage, les parents de la mariée avaient invité ceux des amies d’icelle) et on invite les collègues de travail, il y a de la représentation sociale mais surtout du plaisir à se retrouver. Autrement le mariage fut comme tous les mariages du monde : un juge et un religieux pour unir les promis, des discours des mariés (l’un à l’autre), des témoins et du père de la mariée. Il y eut de la musique, des gens qui dansent, un (très) bon repas et beaucoup d’amour et d’amitié. Le mariage portoricain se termine par une coutume qui veut que les époux offrent un cadeau souvenir à chaque invité. Ce fut un beau mariage. Au fait, le marié… c’était moi !


Lundi 19 décembre 2005
6ème jour

L’emblème de Puerto Rico est le coqui. C’est un batracien, une toute petite grenouille qui peut chanter toute la nuit si le cœur lui en dit. En fait le coqui adore l’humidité et sur l’île, il est servi. Il vit à Puerto Rico et nulle part ailleurs au monde. Son chant reproduit les sons co-qui, d’où son nom.
Parmi les cadeaux que nous avons reçu pour notre mariage, il y a 2 nuits d’hôtel au Marriott de San Juan, un 4 étoiles. N’étant pas des habitués des hôtels de luxe, nous apprécions le confort proposé. La chambre est spacieuse et elle dispose de 2 balcons, l’un offrant une vue panoramique de San Juan (la chambre est au 18ème étage) et l’autre donnant sur l’océan Atlantique. Il y sera très agréable d’y passer un moment, un verre à la main pour regarder la nuit tomber. L’un des plaisirs des hôtels de luxe est le room service : vous pouvez vous faire livrer de quoi manger ou boire à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. C’est cher mais c’est agréable. L’hôtel est situé dans le quartier d’El Condado, quartier plutôt touristique fait de magasins et de restaurants. La plupart des touristes sont américains. Nous déjeunons dans un petit restaurant où la cuisine est portoricaine et d’un prix raisonnable.
L’après-midi est fait de farniente, au bord de la piscine puis sur la plage ; un drapeau rouge indiquant que se baigner est dangereux, nous nous abstenons. Ici les vagues sont assez fortes et la pratique du bodyboard plutôt développée.
Le soir nous allons dîner dans un restaurant argentin (le Buenos Ayres) où la viande est délicieuse et généreusement servie. Ici vous devez ajouter 15% à la note pour le pourboire, un emplacement à cet effet est prévu sur le ticket et le montant du tip (pourboire) est soit indiqué directement soit suggéré par un petit tableau de calcul placé à côté. Pour un repas à 75 dollars, vous devez laisser 12 dollars de tip. Il n’est pas accepté de ne rien laisser, il faudrait que le service ait été particulièrement mauvais ce qui n’est jamais arrivé.
Nous finissons la soirée au casino de l’hôtel où les machines à sous semblent avoir plus de succès que les tables de jeu. Nous nous installons devant l’une de ces machines où, après avoir gagné 5 dollars, nous finissons par en perdre 3. La fortune ne sera pas pour ce soir.


Mardi 20 décembre 2005
7ème jour

Dernière nuit au Marriott. Je profite une dernière fois du balcon avec vue sur l’océan. Nous retournons chez mes beaux-parents où la grand-mère, abuela Dinorah, a préparé un délicieux déjeuner : arroz con salchichas (riz à la saucisse). Cette femme est un vrai cordon bleu, en plus elle est chaleureuse, drôle, d’une grande gentillesse. Elle a 84 ans et je l’aime beaucoup. Après déjeuner, nouveau départ : en route vers Fajardo. A environ une heure et demie de San Juan, Fajardo est la pointe est de l’île, une station balnéaire assez chic où les yachts sont légions. Mon beau-père, Alberto, nous y emmène. Le trajet ne donne pas l’impression de quitter la ville car la route est parsemée d’habitations, de restaurants, de centres commerciaux. Ici les gens roulent plutôt lentement, les voitures sont automatiques et les limitations de vitesse sont strictes. L’hôtel où nous allons passer 3 nuits est situé sur une colline, notre chambre a une vue sur l’océan, il faut se pencher et bien tourner la tête à gauche pour apercevoir l’Atlantique mais c’est une vue sur l’océan. Nous faisons le tour de l’hôtel qui s’avère très calme car bien vide. A la réception on nous confirme que pour aller se balader dans le coin il vaut mieux avoir sa voiture. Nous décidons d’en louer une à partir de demain. Nous passons la fin d’après-midi au bord puis dans la piscine que nous avons pour nous tout seul.
Le soir nous dînons dans l’un des restaurants de l’hôtel, le Star Fish, qui arbore le label « mesón gastronómico », censé promettre une grande qualité. Ce sera bel et bien le cas. Nous finissons la soirée devant le film Troie mais Brad Pïtt en jupette ne m’intéresse guère et je sombre dans le sommeil bien avant la fin.


Mercredi 21 décembre 2005
8ème jour

Nous nous levons relativement tôt (pour des vacanciers) car quelqu’un de l’agence de location de voiture doit passer nous prendre à l’hôtel à 9.30. Il arrive à 10.00, confirmant ainsi la mauvaise réputation des Portoricains quant à la ponctualité.
Il pleut. Le ciel est gris. Après avoir pris possession de la voiture et nous être un peu perdus, nous nous arrêtons faire quelques courses en vue de préparer des sandwichs pour demain car nous irons au Yunque, la forêt tropicale de Puerto Rico. Le soleil est revenu et nous déjeunons dans un Pizza Hut où la clim est si forte qu’on y a froid. Dans ce pays, il fait chaud toute l’année et la climatisation est partout, mais à force de vivre avec, il devient difficile pour les habitants de supporter le climat naturel, le climat artificiel devenant la norme.

Après un passage à l’hôtel pour nous changer, nous partons pour Seven Seas, une plage réputée de Fajardo. Des sauveteurs protègent les baigneurs et l’océan est très calme. Seven Seas forme une baie protégée, l’eau et la plage sont propres, il y a peu de monde et nous passons le temps entre bains d’océan et bains de soleil. Quand je pense que nous sommes le 21 décembre et qu’à Paris il doit faire dans les 0 degrés…

Le soir nous décidons de tester l’autre restaurant de l’hôtel : le Blue Iguana, cuisine mexicaine. Nous entrons pour voir des musiciens se préparer et nous comprenons vite que le restaurant est réservé pour une soirée privée à laquelle nous n’avons pas été invités !

Nous retournons au Star Fish où la nourriture est aussi excellente que la veille. Je finis la journée en m’endormant une fois de plus devant le film d’HBO. Tant pis pour Scarlett Johansson.


Jeudi 22 décembre 2005
9ème jour

Nous partons donc pour El Yunque, la forêt tropicale. Nous manquons l’entrée du parc car celle-ci est assez mal indiquée sur la route, à croire que les autorités portoricaines ne souhaitent pas montrer l’un de leurs trésors naturels. Après 2 arrêts pour admirer une petite cascade puis grimper en haut de la tour Yokahú (du nom d’un dieu Taïno) d’où la vue sur la forêt est splendide, nous garons la voiture près de l’entrée de l’un des sentiers s’enfonçant dans le Yunque. Nous avalons nos sandwichs pastrami/fromage, un peu d’eau pour faire passer tout ça et en route. Il y a plusieurs chemins de randonnée dans ce parc naturel, aucun ne mène à Rome mais tous à la Mina. Nous marchons dans la forêt, un presque silence nous repose tandis que le sentier étroit qui monte et descend sans cesse nous fatigue. Nous ne sommes pas les seuls et nous croisons même des Français. Ici sur l’île il y a peu d’européens. Nous ne verrons aucun animal au cours de cette balade, nous ne les intéressons guère. Mais il est agréable de marcher en pleine nature sans toute cette modernité qui est très présente un peu partout à Puerto Rico, de temps en temps, ça fait du bien.


El Yunque

La Mina est une grande cascade au pied de laquelle on peut se baigner, du moins si on ne craint pas l’eau froide. Nous revenons par le même chemin et quand nous arrivons à la voiture, je suis trempé à cause de l’humidité mais heureux de cette belle balade, nous aurons marché un peu plus d’une heure. De retour à l’hôtel, nous finissons l’après-midi près de la piscine où je m’en donne à cœur joie.
Nous dînons au restaurant mexicain où la veille nous n’avions pu aller. Les portions sont si énormes que cela n’encourage pas à prendre un dessert. Nous le ferons quand même. El Yunque, ça creuse !


Vendredi 23 décembre 2005
10ème jour

Dernière nuit à Fajardo. Je me lève tard et Yarín appelle le loueur de voiture pour savoir jusqu’à quelle heure nous pouvons la garder sans payer de supplément. Pas une seconde de plus.
- Si on la rend une heure plus tard, on paiera une heure ?
- Non, vous paierez toute la journée.
Nous nous dépêchons donc de ranger nos affaires, de prendre une douche et d’aller payer la note d’hôtel. A la réception, on accepte de garder nos bagages, le temps de rendre la voiture avant de revenir ici attendre mes beaux-parents venus de San Juan nous chercher. En rendant la voiture, Yarín fait remarquer que ce n’est pas très commerçant de ne pas accepter de pouvoir payer en heures supplémentaires, le garçon nous répond qu’il est désolé, que c’est la politique de l’entreprise.
A l’hôtel nous attendons mes beaux-parents au bord de la piscine, il fait un temps superbe et je serai bien resté un peu plus longtemps.
Les journaux portoricains titrent sur le rapport de la Maison Blanche qui vient de sortir et qui reconnaît que la situation actuelle de l’île s’apparente au colonialisme et que le seul moyen d’en sortir est de demander aux Portoricains ce qu’ils veulent : que Puerto Rico soit un Etat à part entière des USA ou bien un Etat indépendant. Il devrait donc y avoir un référendum en 2006. Je me demande, au cas où Puerto Rico devenait un Etat américain, si la langue officielle ne deviendrait pas l’anglais. Mon beau-père me confirmera que c’est probable. J’espère que cela n’arrivera pas, qu’ils ne perdront pas leur langue.
Nous allons déjeuner dans l’un des restaurants de l’hôtel El Conquistador. C’est l’un des endroits les plus luxueux de toute l’île. La propriété s’ouvre sur un parcours de golf, l’hôtel lui-même surplombe l’une des baies de Fajardo, la vue sur l’océan depuis le restaurant est grandiose. Les prix sont à la hauteur de ce qui nous est montré. La nourriture un peu moins.
Le retour à San Juan se fait par la même route qu’à l’aller. Avant de rentrer, nous nous arrêtons au Costco, un grand magasin d’usine où l’on trouve de tout et où l’on peut acheter en grande quantité. C’est l’avant-veille de Noël et le monde se presse pour acheter. On consomme beaucoup ici.


Samedi 24 décembre 2005
11ème jour

La veille de Noël, pour ceux qui sont un peu en retard, c’est le jour des achats de cadeaux pour le lendemain. Nous arrivons à 9.00 du matin au Mall Plaza Las Americas qui a ouvert à 7.00. Il y a déjà foule. Nous en sortirons au milieu de l’après-midi…
J’appelle en France pour souhaiter un joyeux Noël à ma famille. C’est la première fois que je passe Noël par un temps pareil, c’est plein soleil. Le soir nous sommes invité dans la famille de Yarín ; il y a une vingtaine de personnes, des oncles, des tantes, des cousins, des amis des oncles des tantes et des cousins. Je suis assis, je regarde dans le ciel de la nuit les nuages avancer pendant que l’on parle de choses que je ne comprends pas. Quelqu’un demandera à ma femme si Paris est une ville développée… Aux dernières nouvelles, il y avait l’eau courante et l’électricité…


Dimanche 25 décembre 2005
12ème jour

Un Noël en famille, à s’offrir des cadeaux et à manger des plats traditionnels dont le tres leches (trois laits) : merveilleux.
En y réfléchissant, je me dis qu’on passe beaucoup de temps à ne rien faire sinon manger et qu’on n’a pas beaucoup bougé. Il reste 3 jours de voyage, demain nous allons à Mayagüez, sur la côte ouest et les 2 derniers jours, nous visiterons un peu plus San Juan.


Lundi 26 décembre 2005
13ème jour

Nous passons la journée à Mayagüez, à environ 2 heures et demies de route de San Juan, vers l’ouest. La route donne cette fois vraiment l’impression de quitter la ville, je vois même des paysages sans aucun bâtiment. Nous passons par Arecibo où se trouve un très grand observatoire astronomique et l’un des plus puissants télescopes du monde.
A Mayagüez nous déjeunons dans la famille de Yarín. Le pollo con arroz y habichuelas (poulet aux riz et aux haricots) est de rigueur. Ensuite nous allons faire une balade dans la ville. Mayagüez, avec ses presque 100 000 habitants est la 4ème ou 5ème ville du pays, on y voit encore ces petites maisons typiques de l’île où vivent les gens moins fortunés. Nous visitons la cathédrale à l’entrée de laquelle une plaque vient rappeler qu’il y a plus de 150 ans, 2 hommes rachetaient les enfants esclaves pour les affranchir. Certains quartiers de Mayagüez portent le nom de villes européennes comme Paris ou Barcelone. On y voit des maisons peintes de couleurs différentes et vives qui viennent nous rappeler que nous sommes dans les Caraïbes. Nous passons par l’Université qui est réputée pour former des ingénieurs très demandés, notamment par les grandes entreprises américaines. La visite du centre-ville ne dure pas tellement plus d’une heure mais Mayagüez me laisse l’impression d’une ville paisible, les rues et les quelques magasins sont presque vides. De retour à San Juan, nous décidons de faire un tour le soir et d’aller boire un verre dans la vieille ville. Le cuba libre que je prends est plus cuba que libre : le rhum remplit plus de la moitié du verre… je savoure, assis sur ce balcon, la nuit portoricaine. En marchant un peu dans les rues, je verrai quelques hommes allongés sur le trottoir. La misère n’a aucune frontière.


Mardi 27 décembre 2005
14ème jour

Il nous reste 2 journées à passer à San Juan avant de rentrer en France où il semble que le froid et la neige ont envahit le territoire. Ici c’est aussi l’hiver… à 25 degrés et un soleil radieux. Pour nous détendre, nous allons au cinéma. J’aime bien faire cette expérience lorsque je voyage. Ici les spectateurs ne sont pas très attentionnés : ils mangent, ils font du bruit, parlent, crient, répondent au téléphone comme s’ils ne pouvaient pas passer 3 heures de leur vie sans parler avec quelqu’un par portable interposé : « allô ? C’est moi, ça va ? Je suis au cinéma et je regarde King Kong et là le singe se repose… »
Après le cinéma et une délicieuse glace au chocolat, nous retournons au vieux San Juan pour une petite promenade d’1 heure, c’est la dernière fois, demain nous irons dans d’autres quartiers de la ville.

Mercredi 28 décembre 2005
15ème jour

Nous commençons notre dernière journée sur l’île par un tour à la UP (prononcez « youpî »), l’Université de Puerto Rico. C’est un campus assez vaste de bâtiments de différentes époques entourés d’espaces verts. Le lieu le plus visité de la UP est sa tour, vieille d’un peu plus d’un siècle et remarquablement entretenue et décorée. Une plaque nous apprend que les premiers diplômés de l’Université, en 1903, furent des femmes. Le campus dispose également d’un théâtre (en rénovation depuis plusieurs années) et d’un petit musée où l’on peut admirer des objets Taïno et des tableaux de Francisco Oller, peintre portoricain du 19ème siècle qui vécut à Paris et dont une toile est au Louvre.

Après l’Université nous restons dans le quartier de Rio Piedras pour visiter un marché, celui du Paseo de Diego où l’ambiance est latino-américaine et plus du tout nord-américaine comme dans les Malls. Ici on voit aux coins des rues des vendeurs de colifichets, boissons fraîches conservées dans les glacières, de jouets, de paquets de chips ou autres denrées du même type. Le marché couvert regorge de produits tropicaux, fruits (acerola, ananas, bananes...), légumes (plantains, manioc, haricots…) et de vendeurs vantant les mérites de leurs marchandises. Après Rio Piedras, direction Santurce pour le musée des arts de Puerto Rico.

Pour y aller, nous prenons le tren urbano, mélange de RER et de métro, ouvert récemment mais qui n’a pas beaucoup de succès, pour plusieurs raisons : il n’existe qu’une seule ligne, donc il y a peu d’endroits desservis, c’est cher (1,50 dollar pour un voyage) et puis les gens ici ont presque tous une voiture et quand ce n’est pas le cas, ils savent utiliser les bus. Je suis surpris par le gigantisme des stations du tren urbano, elles sont immenses et le fait qu’au moment où nous y sommes, presque personne d’autre ne s’y trouve les rend plus grandes encore. Après le tren urbano, nous devons prendre le bus. Au retour, le chauffeur refusera de nous prendre car nous n’aurons pas en pièces le montant du billet, nous devrons aller dans une pharmacie changer le billet en pièces pour pouvoir utiliser le bus. Le système des bus est assez particulier et il faut être un initié pour savoir où ils s’arrêtent et où ils vont, à mon avis on a moins de chance de se perdre dans le Yunque que dans les bus de San Juan...

Le musée des arts de Puerto Rico présente des œuvres allant des tableaux de José Campeche (18ème siècle) aux installations très modernes et parfois déroutantes d’artistes contemporains. Le musée est ceint d’un splendide jardin où quelques oies peuvent s’ébattre dans de petits ruisseaux savamment disposés et d’un rafraîchissant côtoiement.

Après le musée, passage dans le quartier d’Hato Rey, le centre des affaires de San Juan. Ici il n’y a pas grand-chose d’autre à voir que d’immenses immeubles de verre et d’acier aux pieds desquels je me sens tout petit.


San Juan

Pour achever notre dernière journée sur l’île, nous dînons dans un restaurant… italien, tenu par des Argentins. Une fois encore, c’est excellent.
Demain nous reprenons l’avion pour rentrer à Paris.


Jeudi 29 décembre 2005
dernier jour

Le voyage du retour se fait tranquillement et si je dors peu, je ne me sens pas fatigué à l’arrivée à Paris. A la sortie de l’avion le froid et la neige me font aussitôt regretter Puerto Rico, son soleil, ses plages, sa douceur apparente. A Paris je connais tous les codes, les attitudes, je comprends tous les mots. A Puerto Rico, tant de choses m’échappent. Je pourrais vivre là-bas.

 

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