MILAN

Journal de voyage

 

Samedi 4 avril 2009

Yarín a eu 30 ans hier et nous sommes allés à Milan.
C’est une ville de tissus et de pierres. Plus terrienne que l’aérienne Rome. Plus grise aussi. Le temps à passer sur place ne permet pas l’implication alors nous marcherons dans les rues du Centre Historique.
L’hôtel porte le nom du Génois le plus célèbre du monde, un découvreur d’Amériques qu’en Italie on appelle Cristoforo Colombo. Il est à la hauteur des espoirs fondés en lui : élégance et qualité. J’adore.
Le ciel aussi est clément. Quelques gouttes de pluie mais qui préfèrent bien vite aller mouiller ailleurs. Du soleil, le printemps, on a de la chance.

Le Malpensa Express est un train qui relie l’aéroport Malpensa à la ville de Milan. Le chemin est long et on est loin du Centre Historique, très loin. Des barres d’immeubles tout gris qui doivent rendre fous ceux qui y vivent, des kilomètres de tags moches. Ça me rend triste de voir que partout dans le monde on laisse des gens vivre ainsi. Surtout qu’à Milan, le tissu chic est partout. Grandes boutiques très chères. C’est donc vrai ce qu’on dit : moins il y a de tissu, plus c’est cher. A Milan il y a aussi de vieux tramways, d’un presque jaune lisboète et c’est charmant. On peut voir des affiches électorales incitant à la haine des Roms, et ce n’est pas charmant du tout. Mussolini est mort mais il n’est pas oublié.

En marchant sur Corso Venezia, on passe par les Jardins Publics et on apprécie. Des arbres, des bancs, un planétarium, un musée d’Histoire Naturelle, un petit vent frais. Et puis c’est le Corso Vittorio Emanuele II. Il n’y a plus de voitures, mêmes les plus chères sont interdites. Au bout du Corso, c’est Il Duomo. La cathédrale de Milan. Ses couleurs claires, ses tours si hautes, son gigantisme, en font le lieu le plus visité de la ville. La place qui devance Il Duomo n’est pas moins impressionnante. La foule des beaux jours est bien présente. On vit une belle journée. Les Italiens sont souriants, ils s’expriment, ils plaisantent.


Il Duomo

La Galeria Vittorio Emanuele II propose, dans un cadre volumineux, d’autres boutiques de luxe, encore et encore et encore. On ne peut pas dire que certaines marques aiment la simplicité, l’épure, les lignes claires. Mais au bout de la galerie, on est Piazza della Scala. Au centre domine la statue de Leonardo da Vinci et autour quelques bâtiments anciens comme l’hôtel de ville et surtout, la Scala, la vraie, celle dont le nom est célèbre dans tout l’univers. La façade n’est pas ce que l’on attend. Heureusement que c’est écrit Théâtre de la Scala, car on ne l’aurait pas deviné. Il paraît que l’intérieur vaut le coup d’œil. On ne le donnera pas. Mais on continue l’aventure. La Piazza San Fedele est de l’autre côté de la Piazza della Scala et elle abritait ce jour-là un régiment de cyclistes amateurs. Puisque le Centre Historique est interdit aux voitures, ce sont les vélos qui viennent déranger les piétons.

Les marques de vêtements de luxe sont partout dans cette ville. Les fameux Dolce & Gabbana, célèbres sur la planète Terre pour leur style subtil et épuré, sont même un peu envahissants.

Quand la nuit tombe, les rues du vieux Milan deviennent moins massives. On sent qu’elles s’humanisent et il est agréable de marcher Via Dante, attrapant avec la langue la crème glacée au tiramisu si vite fondue. Nos pas, bien que lourds d’une longue journée, nous conduisent pour finir au Duomo. Si tous les chemins mènent à Rome, à Milan, ils mènent au Duomo.

 

Dimanche 5 avril 2009

Sortant de l’hôtel, ça sent le fromage. On suit l’effluve Corso Buenos Aires et c’est toute l’Italie qui s’offre à nous. Sur environ un kilomètre, des producteurs viennent vendre leur art : charcuterie, fromage, pâtisserie, chocolat, pâtes, de Sardaigne, de Calabre, de Sicile, d’Emilie, de Toscane, de Parme, de Naples, de Florence. Un marché artisanal aux multiples parfums, aux accents qui percutent. Et nous, tranquilles comme Baptiste, sous un soleil puissant, nous avançons lentement. Pas comme les coureurs qui passent, sous les applaudissements, le souffle plus ou moins court. Est-ce le marathon de Milan ? Nous ne savons pas mais nous poursuivons nous aussi notre course contre la montre : voir Brera et ne pas mourir, puis voir le château Sforzesco avant que sonne l’heure de rentrer.

De passage par les Jardins Publics, on s’arrête un instant pour prendre le soleil puis direction Brera par la Via Manzoni, tandis que des Milanais promènent leur chien ou font leur jogging ou les deux en même temps.

Le quartier de Brera, où se trouve la Pinacothèque, est exactement ce que veulent les touristes : typique et commerçante. De petites rues fines, aux bâtiments élégants, aux pavés anciens et qui proposent assez de restaurants pour nourrir des cars entiers de visiteurs étrangers (et italiens). Après le Foro Bonaparte, on arrive au Castillo Sforzesco, bâti au 15ème siècle par la volonté de Francesco Sforza (ce n’est sûrement pas lui qui a porté les pierres…). On y retrouve les coureurs de tout à l’heure, mais ils ne courent plus et arborent pour certains, une médaille de vainqueur. On traverse le château, on passe la grande cour, la petite cour, on ressort et on revient Piazza del Castillo par les jardins ceinturant l’édifice. Tout ça sous un soleil de plomb.

Il est temps de déjeuner et près du château, et de la gare de Cadorna, d’où le Malpensa Express part, on trouve le restaurant Quattro Mori. Robert de Niro n’y est pas aujourd’hui (voir leur site internet) mais nous si. Les Pappardelle Quattro Mori et le tiramisu sont dignes d’éloges. On est bien.

Avant de quitter Milan, dernière balade autour de Cadorna, les rues des poètes sont accueillantes et digestives. Elles portent les noms de Leopardi ou Boccace et seront le théâtre de notre dernière promenade dans les rues la ville, avant que la pluie ne tombe.


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