LONDRES

Journal de voyage

 

Vendredi 28 septembre 2007

Se lever avant l’aube n’est possible que s’il s’agit de partir en voyage. Et ce matin nous nous levons très tôt pour prendre l’Eurostar qui quitte Paris à 7.15 et rejoint Londres deux heures et demie plus tard. C’est la première fois que j’emprunte le tunnel sous la Manche et le voyage se passe bien. Le train est confortable et le trajet pas trop long. Arrivés à la gare de Waterloo, nous prenons le métro (dont le fonctionnement est vite assimilable, enfin si on comprend un minimum d’anglais) pour descendre à Shepherd’s Bush, un quartier de l’ouest londonien, où se trouve notre hôtel. Quand on y descend pour la première fois, un hôtel est toujours un point d’interrogation : sera-t-il aussi bien qu’on l’espère, que les photos de leur site internet ou les commentaires laissés sur TripAdvisor le disent ? Celui où nous avons réservé une chambre les trois prochaines nuits s’appelle Her Majesty Hotel, il occupe une maison de style… anglais, en face d’un parc, la chambre est très bien tenue et meublée avec soin. Cet hôtel est un deux étoiles de qualité et aux tarifs raisonnables, ce qui à Londres, paraît-il, n’est pas monnaie courante. Un peu avant midi nous ressortons, sous la pluie, et allons déjeuner tout à côté. Après le repas, direction Baker Street et la visite de la maison de Sherlock Holmes. L’endroit vaut le coup d’œil, d’autant plus qu’on y est accueilli par le Docteur Watson en personne, qui pour nous, ira jusqu’à parler un peu français. On peut y voir les meubles et les objets personnels du grand détective. Pas mal pour un personnage de roman.


Retour au métro et direction Westminster Abbey, passage au bord de la Tamise et au pied du Parlement et de Big Ben. L’abbaye de Westminster est imposante et sa visite mérite le détour : on peut y voir les sépultures de quelques célèbres souverains britanniques tels Elizabeth 1ère et Oliver Cromwell. On y découvre également les tombeaux d’autres fameux Anglais, par exemple Rudyard Kipling et Thomas Hardy, l’auteur de l’inoubliable Tess d’Urberville. Dehors il pleut toujours alors nous reprenons le métro pour Picadilly Circus, place commerçante aux écrans publicitaires géants comme à Times Square New York. Nous y reprenons un peu de force sous forme de café et chocolat chaud, le temps de laisser la pluie s’arrêter. À Piccadilly Circus nous retrouvons Beynor, une amie Portoricaine de Yarín qui vit ici avec son mari Norvégien. Londres est une ville très cosmopolite. Beynor va nous entraîner jusqu’à Covent Garden, à la recherche d’un pub où il resterait quelques places assises mais un vendredi soir, c’est peine perdue. Les londoniens sont aussi nombreux debout sur le trottoir à déguster leur bière, qu’à l’intérieur à se crier dessus pour pouvoir se parler, tandis que la musique hurle tout ce qu’elle peut. Un pub quoi ! Nous finissons la soirée dans une bonne pizzeria près de Charing Cross dénommée Zizzi… Je suppose que le propriétaire ne parle pas français…

 

Samedi 29 septembre 2007

Ce matin il fait presque beau, on peut même voir le bleu du ciel. Nous arrivons à l’entrée sud de Saint James Park vers 11.00 et c’est un très grand plaisir que de se balader parmi les écureuils, les pélicans et les canards. Tous ces animaux semblent ravis d’être l’objet de tant d’attention, ils posent pour les caméras et les appareils photos avec le savoir des vieux comédiens les soirs de première. Les Anglais savent y faire avec les espaces verts, le Saint James Park est superbe. Nous en sortons, presque à regret, pour arriver devant le monument de Victoria derrière lequel ne peut se cacher la demeure de Sa Majesté Elizabeth II, l’imposant Buckingham Palace, toujours gardé par deux soldats tout de rouge vêtus et ornés de leur célèbre coiffe noire en poils d’ours. Longeant le Palais Royal jusqu’à l’Arche de Wellington, nous passons un peu de temps devant les monuments rendant hommage aux soldats alliés tombés pendant la seconde guerre mondiale, celui de l’Australie est d’une force impressionnante : plusieurs pierres noires polies où sont inscrits les noms des villes du monde d’où sont originaires tous les soldats australiens morts au combat, pierres sur lesquelles coule en permanence un clair filet d’eau.


Saint James Park

L’une des entrées de Hyde Park se trouve à quelques pas, nous nous y engouffrons aussitôt. Ce parc est le plus grand de Londres et par ce beau temps, sous quelques rayons de soleil bienvenus, nous y entamons une longue balade, le long du lac The Serpentine et en compagnie de cygnes, de canards, de cyclistes, de patineurs à roulettes, de joggeurs plus ou moins à bout de souffle et autres badauds, anglais ou pas. Nous quittons les jardins à Lancaster Gate pour aller à Notting Hill. Autant le dire tout de suite, nous n’y verrons jamais Julia Roberts ou Hugh Grant mais de très belles maisons de style victorien, qui s’échangent à plus d’un ou deux millions de livres. Comme c’est samedi, c’est le jour où le marché de Portobello Road est le plus animé. Ce marché aux puces est long de plusieurs kilomètres, on y trouve de tout : antiquités, bijoux, vêtements, disques, films, nourriture… C’est une plongée dans la foule qui pour l’occasion n’est jamais agressive. Le soir nous allons à l’Old Vic Theater, l’un des plus vieux théâtres de la ville et dont l’actuel directeur artistique est Kevin Spacey. On y joue All About My Mother (Tout sur ma mère), l’adaptation théâtrale du film de Pedro Almodovar, avec dans le rôle tenu par Marisa Paredes dans le film, Diana Rigg, oui oui celle de Chapeau Melon et Bottes de Cuir ! C’était pas mal ! Nous finissons la soirée dans un restaurant indien (un must à Londres) tout proche : poulet tandoori, riz et naan… Une bonne journée en somme.

 

Dimanche 30 septembre 2007

Encore une belle journée sur Londres, tant mieux, pas de pluie. Nous la commençons par la visite du Tate Modern, autrement dit : le musée d’art moderne de la ville, inauguré en 2000 par la Reine. C’est un gigantesque bâtiment au bord de la Tamise, construit avec cette brique brune typique des édifices londoniens. À l’intérieur, cinq étages dont deux consacrés aux expositions permanentes. L’entrée du musée est gratuite. C’est un festival de sculptures et d’installations mais surtout des toiles d’artistes aussi célèbres que Mark Rothko, Jackson Pollock, Piet Mondrian, Pablo Picasso, Francis Bacon, Paul Klee, Henry Moore, Pierre Soulages, etc. etc. très impressionnant de voir en vrai des œuvres seulement vues en photo jusqu’à présent. Quittant le musée, nous prenons le pont du Millénium, entièrement piétonnier, pour traverser la Tamise, et nous retrouver ainsi plongés dans le quartier des affaires : la City. Comme c’est dimanche, ces grands buildings de verre et d’acier sont tous fermés et les rues sont bien vides.


La Tamise

Après le déjeuner, retour au métro pour descendre à Whitechapel, dans l’est de la ville. Whitechapel est un quartier populaire où l’on croise différentes communautés. C’était déjà le cas à la fin du 19ème siècle quand Jack L’Eventreur (Jack The Ripper) commit ses célèbres et atroces crimes. Il faut beaucoup d’imagination aujourd’hui pour se représenter l’aspect du quartier à l’époque, tant les choses ont changées. Après Whitechapel, nous allons prendre un mocha à Trafalgar Square, célèbre place devançant la National Gallery et au milieu de laquelle trône la statue de l’Amiral Nelson tout en haut d’une très longue colonne de pierre. Mais pourquoi les Anglais s’amusent-ils à donner à leurs lieux des noms de défaites : Waterloo, Trafalgar ? Le soir, nous dînons chez nos amis Beynor et Andre qui vivent dans le quartier de Pimlico, pas loin de Westminster. Puerto Rico, la France, la Norvège, l’Angleterre, entre autres sujets, sont au cœur de nos discussions. Une bonne soirée.

 

Lundi 1er octobre 2007

Dernier jour à Londres, nous rentrons à Paris en fin d’après-midi. En attendant nous décidons de nous balader sur Oxford Street. C’est une très longue avenue bordée de magasins, essentiellement de vêtements. La rue est un centre commercial géant, long de plusieurs kilomètres. Comme il pleut assez fort, nous entrons dans différentes boutiques, notamment Marks and Spencer, célèbre enseigne britannique qui n’est plus implantée à Paris et c’est bien dommage car on y trouve au rayon nourriture notamment, des produits particuliers et introuvables ailleurs, tel ces liquorice que j’adore. Pour le déjeuner, nous allons sur Charing Cross à la recherche d’un restaurant indien conseillé par nos amis. Malheureusement nous y arrivons à 14.00 et il ferme. Nous nous rabattons sur le Scottish Steak House d’à côté qui lui sert toute la journée. Après le repas, Yarín part acheter quelques livres chez Blackwell juste en face, puis retour à Oxford Street. C’est là que s’achève notre voyage puisqu’il est temps d’aller récupérer nos bagages à l’hôtel et de rejoindre la gare de Waterloo pour prendre l’Eurostar.
J’ai été marqué par l’humour des Anglais, présent un peu partout dans la ville : sur les publicités, dans le métro, dans la rue. Marqué aussi par l’impression que les londoniens m’ont laissé : pas d’agressivité, plus de courtoisie et de patience que ce que l’on peut trouver à Paris. Je comprends pourquoi autant de jeunes souhaitent venir s’installer et tenter leur chance à Londres.

 

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