DUBLIN

Journal de voyage

 

Jeudi 21 mai 2009

Nous sommes arrivés hier soir par le vol d’Aer Lingus et il ne pleuvait pas. Ce matin en quittant l’hôtel Maldron Smithfield, il ne pleuvait pas. Alors d’où vient ce cliché ? Bon quand même il a plu. Mais il a aussi fait beau, très beau même. Première étape : l’Université de Dublin, autrement appelée Trinity College. Célèbre dans le monde entier, fondée en 1592, le Trinity College est ouvert aux visiteurs. Outre ses bâtiments et jardins, il abrite dans l’ancienne bibliothèque le livre de Kells. Ouvrage rédigé au 9ème siècle par des moines, il est un trésor national. Il contient en latin une copie des quatre évangiles mais aussi de riches enluminures. La galerie ou « Long Room » est sûrement le paradis des bibliophiles. Pièce de soixante-cinq mètres de long, elle protège deux cent mille ouvrages parmi les plus anciens d’Irlande. C’est un endroit magnifique.
Vint l’heure de déjeuner au Bewley’s dans Grafton Street, rue piétonne et commerçante comme il en existe plusieurs dans le centre-ville. La pluie a commencé de vraiment tomber alors que nous nous promenions dans les vertes allées du parc Saint Stephen. Mais ici le climat est changeant, en quelques minutes les nuages sont chassés et le soleil fait son office.


La ville est tranquille. Nous marchons encore jusqu’à la cathédrale mais un prélat anglican nous en interdit l’accès car les visites cessent dans quarante-cinq minutes. Pourtant en quarante-cinq minutes on aurait eu le temps de la visiter la cathédrale… Enfin, ce n’est pas grave, on reviendra demain… ou pas.
Et le soir, à cause de la fatigue d’une grande journée de promenade pédestre, nous choisissons un restaurant proche de l’hôtel, juste en face de l’ancienne distillerie Jameson. Ça s’appelle Court Yard, les propriétaires viennent de reprendre l’affaire, ils sont sympas et la cuisine est bonne. Allez-y !

 

Vendredi 22 mai 2009

Bon aujourd’hui il pleut. Enfin ! Il était temps ! Ça devient une obsession cette pluie. Pourtant il ya tant d’autres choses en Irlande. Nous marchons jusqu’à la cathédrale, laquelle fut construite par des Vikings et des Normands il y a quelques siècles. La crypte nous fait changer d’époque, on y trouve des objets d’antan, je deviens Robert Taylor dans Ivanhoé, sur mon valeureux destrier, prêt à combattre l’ennemi.
L’hôtel de ville va nous abriter du ciel qui déverse encore son trop plein d’eau. Le bâtiment est l’ancienne bourse, le centre est un cercle de marbre particulièrement réjouissant. D’autant plus qu’en sortant le ciel est devenu bleu.
Après un déjeuner américano-italien, nous allons vers les musées, passant par le Shelbourne Hôtel, lieu de luxe et de volupté où nous ne dormons pas.
La Bibliothèque Nationale d’Irlande, située juste à côté présente une exposition sur l’œuvre de William Butler Yeats, autre trésor national irlandais. Très intéressant. Le National Museum, qui se tient aux côtés de la Bibliothèque est riche d’objets et bijoux témoins de l’histoire de ce pays attachant. Faute de temps nous n’y restons pas assez pour tout parcourir. Mais on reviendra demain… ou pas !



La Liffey

Parmi les choses formidables à faire à Dublin, il faut absolument passer par le Literary Pub Crawl. Ce sont deux comédiens et un chanteur qui te font une petite visite du centre de la ville en te racontant quelques histoires sur les écrivains qui y sont nés ou qui y ont vécu, ou les deux, avec des étapes dans des pubs exemplaires. C’est drôle, vivant, passionnant. Et puis les grands écrivains en Irlande, ce n’est pas ça qui manque : Joyce, Yeats, Beckett, Shaw (les trois derniers sont prix Nobel), Wilde, Swift, Stoker, Behan, etc.
Et puis plus tard le soir, si vous voulez manger ou boire, vous pouvez aller dans les rues du quartier de Temple Bar. Le vendredi soir vous y croiserez des filles courtement vêtues, prêtes pour faire la fête. Une tradition britannique ne somme !

 

Samedi 23 mai 2009

Ce fut une journée très littéraire. En premier lieu nous passons par le James Joyce Center : grande maison entièrement consacrée à l’auteur d’Ulysse. On y trouve des souvenirs, des images, des objets d’époque et des éditions originales. Je vais lire The Dubliners, pour Dublin, ses habitant mais aussi pour John Huston dont le dernier film, The Dead, est une adaptation de la dernière histoire de ce recueil de nouvelles. James Joyce est une star à Dublin et pourtant, comme tant d’autres écrivains, il a préféré vivre à l’étranger et notamment en France, à Paris où d’ailleurs Ulysse fut édité pour la première fois par Shakespeare and Company.
Nous laissons ce lieu pour un autre : la maison des écrivains. Autre endroit dans lequel on voyage dans le temps, à la poursuite des littératures irlandaises, de Jonathan Swift à Brendan Behan. On nous raconte ces raconteurs d’histoires, à travers l’Histoire du pays et leurs objets rescapés: lettres manuscrites, machines à écrire, vêtements, lunettes, pipes, livres, etc.


James Joyce Center

A l’heure du déjeuner on croise des visages remarquables : il y a de ces gueules dans ce pays…
L’après-midi on va au théâtre : la pièce est d’Arthur Miller, elle s’appelle All My Sons et le vieux George est joué par Len Cariou. Tout ça est au Gate Theater et franchement c’est épatant. J’adore ce théâtre américain du 20ème siècle : Tennessee Williams, Eugene O’Neill, Arthur Miller, social et humain, réaliste et puissant. C’est si bon qu’en sortant il nous faut du temps pour retrouver le sens des réalités et s’atteler au temps du shopping, qui va nous amener jusqu’au dîner à Temple Bar, dans un restaurant mexicano-italien ayant gagné des prix mais dont la cuisine, correcte, ne vaut pas l’argent demandé pour y goûter.
La journée se termine sous un ciel encore bleu, en traversant la Liffey qui coupe en deux la ville.

 

Dimanche 24 mai 2009

Dernières heures à Dublin. Sous un ciel d’un bleu parfait et une chaleur estivale. Nous marchons vers les vestiges vikings et normands qui furent les maîtres de la ville il y a si longtemps. Aujourd’hui c’est un lieu de culte que nous visitons joyeusement.
L’église Saint Patrick est fermée aux visiteurs mais en faire le tour vaut la peine, d’autant plus qu’un parc particulièrement agréable est tout contre les vieux murs. On s’y pose un moment avant de reprendre la route pour d’autres vieux murs, ceux du château de Dublin.
A l’heure du déjeuner on attrape un bon vieux Friday’s des familles, histoire de faire un solide repas.


Dans l’après-midi c’est le temps du shopping qui fait son retour. Les derniers achats, les últimas compras, et puis on rentre à l’hôtel pour prendre nos bagages puis un taxi, puis l’aéroport, puis l’avion, puis le retour à Paris.

Ah Dublin.


> voir les photos

> voir la vidéo